Mesures à prendre si vous croyez qu’un employé est victime de violence durant la pandémie

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En tant que gestionnaire, il est naturel que vous vous inquiétiez du bien-être émotionnel de votre équipe durant la pandémie de COVID-19. Si vous soupçonnez qu’un membre de votre équipe subit des mauvais traitements de la part de son partenaire, d’un membre de sa famille ou d’un colocataire, ces préoccupations sont sans doute amplifiées.

Selon l’American National Domestic Violence Hotline, « lorsque des survivants de mauvais traitements sont forcés de rester plus fréquemment à la maison ou à proximité immédiate de leur abuseur, celui-ci peut utiliser tout outil pour exercer un contrôle sur sa victime, y compris une crise sanitaire nationale comme la COVID-19 ».

Il faut comprendre qu’une personne qui se retrouve dans une situation de violence familiale peut avoir de nombreuses raisons de ne pas encore avoir agi pour s’en sortir. S’il s’agit d’un(e) de vos employés, il est important de respecter ses choix relatifs à sa vie personnelle et à sa manière de composer avec la situation. Ne confrontez pas l’abuseur au sujet de son comportement. Vous risqueriez d’intensifier la violence et de faire courir un danger encore plus grand à la victime.

Toutefois, en tant que gestionnaire, il y a des mesures que vous pouvez prendre pour aider un membre de votre équipe qui est victime de violence et favoriser une plus vaste culture de soutien dans votre organisation.

Créer une culture de soutien au travail

Parlez de violence familiale au sein de votre organisation. Ne mentionnez pas le groupe ou le service de la victime présumée de violence. Encouragez les membres de l’équipe de direction à soulever le problème à chaque réunion rassemblant l’ensemble du personnel et de rappeler aux employés qu’il existe des lignes d’aide pour les victimes de violence familiale dans chaque province et chaque territoire. Vous devriez également rappeler aux membres de votre équipe qu’ils peuvent toujours avoir une discussion honnête, ouverte et confidentielle avec un représentant des Ressources humaines (RH). Cette approche élargie pourrait aider toute personne qui vit de la violence à sortir de son silence.

Assurez-vous d’avoir une politique claire en matière de violence familiale. Votre politique peut comprendre un énoncé simple basée sur cette définition de la violence familiale établie par le gouvernement fédéral : « La violence familiale se définit par toute forme de mauvais traitements ou de négligence infligée à un enfant ou à un adulte par un membre de la famille ou un conjoint (copain, copine, conjoint, fiancé). Il s’agit d’un abus de pouvoir afin de contrôler ou de blesser quelqu’un qui a confiance en l’agresseur et qui dépend de lui. » Dans cette politique, votre organisation devrait clairement reconnaître que personne n’est à l’abri de violence familiale, affirmer qu’elle ne tolère la violence en aucun cas et préciser qu’il est toujours possible d’avoir une discussion confidentielle avec les RH et d’être orienté vers le programme d’aide ou d’autres organisations de soutien au besoin.

Formez votre équipe des RH, votre équipe de direction et vos gestionnaires hiérarchiques sur les manifestations de violence familiale au travail. Cette formation devrait notamment porter sur la planification des mesures en cas d’incidents tels que l’arrivée d’un abuseur sur le lieu de travail et de la gestion de situations qui constituent des violations d’une ordonnance de protection. En réfléchissant à ces scénarios à l’avance, vous aiderez vos employés à se sentir davantage soutenus par l’organisation lorsqu’ils quittent une relation de violence.

Réagir sans tarder

Si vous croyez qu’un membre de votre équipe subit des mauvais traitements à la maison et que vous n’avez pas encore pris les mesures qui précèdent, il y a des choses importantes que vous devez garder à l’esprit.

Reconnaissez le problème. Restez à l’affût de changements soudains dans son comportement ou la qualité de son travail, ou de raisons inexpliquées d’un mauvais rendement malgré un bon dossier. Les autres signes comprennent des absences imprévues d’une journée ou deux après lesquelles le membre de l’équipe revient au travail avec des ecchymoses pâlissantes, des coupures ou du maquillage ou des vêtements bizarres qui pourraient servir à cacher ces signes (en télétravail, on peut remarquer ces signes lors de vidéoconférences). Des difficultés épisodiques à maîtriser ses émotions peuvent aussi être indicatrices de violence.

Intervenez. Si un membre de votre équipe vous confie qu’il est victime de violence familiale, croyez-le. Ne demandez pas de preuves. Rassurez la personne en lui disant que vous comprenez que la situation affecte son rendement au travail et offrez-lui du soutien.

Laissez le membre de votre équipe guider vos actions. Essayez d’être le plus compréhensif possible et laissez la personne décider des mesures qu’elle veut prendre, advenant qu’elle veuille agir. Soyez conscient du fait que quitter un abuseur est un processus qui entraîne des risques importants pour une victime et que c’est durant ce processus que sa vie est le plus en danger. Faites confiance aux instincts de la personne et prenez au sérieux ses préoccupations pour sa sécurité. Avec elle, décidez de ce que vous direz à ses collègues si elle doit prendre une pause du travail.

Élaborez ensemble un plan pour assurer sa sécurité :

  • La personne a-t-elle besoin de se rendre au travail pour assurer sa sécurité en s’éloignant de son abuseur? Si oui, des dispositions peuvent-elles être prises pour qu’elle fasse ses tâches sur le lieu de travail malgré les exigences de distanciation imposées par la pandémie?
  • Comment se déroule l’admission dans les refuges d’urgence pendant cette période, et la personne pourrait-elle y être admise au besoin? Il peut être plus sécuritaire d’obtenir cette information en téléphonant à un refuge local du lieu de travail ou en demandant à quelqu’un de faire cet appel au nom de la personne.
  • Comment la personne peut-elle demander de l’aide ou du soutien si l’abuseur est présent et peut entendre ses appels téléphoniques? Établissez une phrase-code ou un message texte qu’elle pourra utiliser pour indiquer qu’on doit contacter les services d’urgence.

Tenez un dossier des incidents de violence dont vous êtes au courant.

Obtenir du soutien pour un membre de votre équipe

Le gouvernement fédéral du Canada fournit une liste de numéros de téléphone et d’organismes, classés par province, pour les personnes qui sont victimes de violence, ainsi que de lignes d’aide pour les enfants touchées par cette problématique.

En cas de danger immédiat, dites à votre employé(e) de composer le 9-1-1 ou de contacter le service de police local. Cela peut être difficile à faire en temps normal; toutefois, ça peut l’être encore en ce moment, compte tenu des restrictions liées au confinement dues à la pandémie. Certains services d’urgence ont adopté un système de codes sous forme de commandes de pizza pour les situations où une victime ne se sent pas en sécurité et doit expliquer ce qui se passe et ce dont elle a besoin. Certains services de crise offrent aussi des options de messages textes pour réduire le risque que l’abuseur entende la victime. Conseillez à votre employé(e) de s’informer à l’avance des précautions qui ont été mises en place dans votre région. Un intervenant d’un organisme local d’aide aux victimes de violence familiale peut l’informer des pratiques en cours.

Si vous perdez le contact avec le membre de l’équipe que vous soupçonnez d’être victime de mauvais traitements, passez rapidement à l’action pour rétablir le contact. Si vous lui laissez un message, donnez le moins d’information possible. Présumez toujours que l’abuseur entendra (ou verra) le message.


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