Boardroom

Rapport 2015 sur les priorités en matière de santé mentale au travail

Découvrez ce que les employeurs, les employés et les médecins pensent de la santé mentale au travail.

Le projet Kakuma : Améliorer la vie des gens grâce à l’éducation

Vous êtes ici

Situé au nord-ouest du Kenya, le camp de réfugiés de Kakuma abrite environ 180 000 personnes qui ont dû quitter leur domicile. La population du camp est jeune — composée de personnes de moins de 25 ans à près de 75 pour cent. Même si le gouvernement kenyan autorise les réfugiés à s’inscrire dans les 21 écoles primaires et les cinq écoles secondaires existantes, ces écoles sont surpeuplées, tout le monde n’a pas accès aux mêmes ressources et la parité entre les sexes demeure problématique.

C’est avec l’objectif précis de lutter contre les iniquités sur le plan éducationnel, tout particulièrement pour la scolarisation et la formation des filles et des femmes, que notre aventure au camp de Kakuma a débuté en 2010. Depuis, nous avons accru les ressources et amélioré l’accès à l’éducation grâce à deux projets phares : le centre communautaire d’accès à la technologie (CTA) et l’école secondaire pour filles Morneau Shepell. Ces deux initiatives combinées contribuent à l’atteinte des objectifs de développement durable 4 et 5 de l’ONU (Éducation de qualité et Égalité entre les sexes).

L’école secondaire pour filles Morneau Shepell : Enrichir la vie des jeunes femmes

On lit et on entend un peu partout que ce sont les filles qui détiennent la clé d’un monde meilleur, et que, si elles reçoivent une éducation, elles généreront des résultats positifs qui permettront à de nombreuses personnes d’avoir une vie meilleure. Les obstacles culturels et socioéconomiques systémiques continuent d’empêcher les jeunes filles et les jeunes femmes vivant en Afrique subsaharienne d’accéder à l’éducation primaire et postsecondaire dont elles ont besoin. Dans le camp de Kakuma, le taux moyen d’inscription à l’école secondaire est de 4 pour cent pour les filles, alors qu’il est de 21 pour cent pour les garçons. Parce qu’il y a trop peu d’écoles dans le camp, qu’il est surpeuplé et qu’on y trouve plus de 80 000 enfants d’âge scolaire, des milliers d’élèves (surtout des filles) sont incapables d’aller à l’école, et la parité entre les sexes est un véritable problème.

Pour corriger cette inégalité, l’école secondaire pour filles Morneau Shepell favorise l’éducation des jeunes femmes vivant dans le camp de Kakuma, qui n’auraient autrement aucune possibilité de s’instruire. Créée en collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) avec le soutien financier de Morneau Shepell, cette école est devenue un centre d’excellence pour les jeunes filles qui démontrent un potentiel scolaire.

« J’ai trouvé une paix intérieure qui fait en sorte que je suis capable d’interagir avec les autres élèves provenant de différentes collectivités, avec qui j’échange des idées à l’école. Morneau Shepell, c’est l’école où j’apprends à devenir une leader de demain. »

Esther Nyakong, élève — Regardez la vidéo du HCR

L’école a ouvert ses portes en 2014 et compte aujourd’hui 352 élèves, qui représentent 15 pour cent de toutes les jeunes filles inscrites à l’école secondaire dans le camp de Kakuma. C’est un établissement multiethnique et multiconfessionnel, où les élèves sont sélectionnées en premier lieu en fonction de leurs résultats scolaires, mais aussi de leur vulnérabilité, puisque 10 pour cent des places sont réservées à des membres de la communauté locale. Sur le terrain, le fonctionnement de l’école au quotidien est géré par l’organisme Windle Trust et son équipe composée de 18 enseignants (dont huit femmes) et de 20 employés.

Morneau Shepell, qui est la principale entreprise donatrice du HCR, s’est engagée à fournir 1,375 million de dollars canadiens sur une période de cinq ans. Parallèlement au soutien de l’entreprise, l’engagement et le bénévolat des employés permettent d’apporter une aide très précieuse à l’école. Grâce à des retenues salariales et à la participation à des activités de collecte de fonds (dont un tournoi de golf et un marathon annuels organisés par l’entreprise), les employés aident directement le HCR à Kakuma. Au cours des sept dernières années, nos employés ont versé 305 000 $ afin d’aider le camp de Kakuma, et l’entreprise a fait don d’une somme équivalente.

L’école a un impact positif sur les jeunes filles qui y étudient, mais aussi sur les collectivités hôtes du sous-comté de Turkana West. En 2018, elle a affiché les meilleurs résultats parmi toutes les écoles de Kakuma et de l’ensemble du sous-comté de Turkana West, où elle se trouve. Les élèves ont régulièrement d’excellents résultats scolaires, et l’établissement est arrivé en tête du classement pour le certificat d’études secondaires du Kenya en 2018, devant douze autres écoles secondaires du sous-comté (y compris les écoles du camp de réfugiés et des collectivités hôtes). Voici les résultats positifs qu’on doit à l’école :

  • Une augmentation de 400 pour cent du nombre de jeunes filles terminant leurs études à l’école primaire — le chiffre est passé de 423 en 2014 à 1 690 en 2018.
  • Un nombre plus élevé de demandes de placement scolaire, qui témoigne à la fois de la réputation de l’école comme un établissement sûr et favorable, et de sa valeur, car elle peut changer la vie des élèves. En 2018, 458 demandes ont été déposées pour 90 places libres, soit 22,5 pour cent de plus qu’en 2017.
  • D’excellents résultats scolaires, mesurés par le nombre plus élevé de jeunes filles obtenant des résultats de niveau universitaire — qui est passé de deux en 2016 à cinq en 2017, puis à treize en 2018.
  • L’école a produit la meilleure élève du sous-comté de Turkana West deux années de suite (en 2017 et 2018).

Depuis l’ouverture de l’école Morneau Shepell, 216 jeunes femmes ont terminé leurs études et obtenu un diplôme. Chaque année, de plus en plus de diplômées se qualifient pour une éducation postsecondaire et reçoivent des bourses. En 2018, deux diplômées de l’école Morneau Shepell ont commencé à étudier à une université en Ontario.

« Quand l’école a ouvert ses portes en 2014, seulement 423 jeunes filles ont terminé leurs études primaires. En quatre ans, ce chiffre a été multiplié par quatre, pour atteindre 1 690. Les demandes d’admission se sont multipliées, et l’école reçoit cinq fois plus de demandes qu’elle ne peut en accepter. Un plus grand nombre de jeunes filles sont scolarisées et, grâce à la qualité de l’éducation qu’elles reçoivent, ces deux dernières années, l’école a produit la meilleure élève de tout le comté.

Votre investissement dans l’éducation des jeunes réfugiées a un impact direct sur elles et sur leur collectivité : vous leur ouvrez la voie à un avenir plus prometteur, en leur offrant plus de possibilités d’avancement économique et professionnel, et en formant la prochaine génération de leaders. »

Jean-Nicolas Beuze, représentant du Canada au HCR