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Les régimes CD présentent-ils trop de risques?

Les régimes de retraite à cotisations déterminées (CD) sont souvent considérés comme trop volatils pour vraiment répondre aux besoins des gens ou des organisations qui les emploient.

Il y a cinq ans, nous avions tenté de quantifier cette volatilité (voir le bulletin Vision d’avril 2008, L’après-régime CD, encore offert dans le site morneaushepell.com). Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis, que l’on pense notamment à la crise financière en cours et aux nouveaux points de vue sur les taux de remplacement du revenu à la retraite, et ces nouvelles données nous incitent à affiner notre modèle et à revoir nos conclusions. Même s’il ne sera jamais vraiment possible de prévoir le montant des rentes produites par les régimes CD, il est probable que les variations de ces rentes demeureront à tout le moins tolérables. Maintenant que les régimes à prestation cible et autres formules hybrides sont sur le point d’être lancés, il importe de bien comprendre ce que les régimes CD sont en mesure de générer.

L’HISTOIRE DES DEUX BERNARD

Même si les régimes de retraite CD se sont popularisés au cours des 20 dernières années, ils continuent de préoccuper les observateurs de ce secteur d’activité. En effet, les régimes CD sont généralement perçus comme imposant une trop grande part de risque aux employés; toutefois, il faut constater que cette affirmation a rarement été démontrée. Bien que les preuves anecdotiques ne manquent pas à ce sujet, elles n’ont rien de scientifique et elles ne permettent pas de tirer de conclusions. La stochastique pourrait servir à élaborer des simulations de rendements futurs pour les régimes CD et à dresser une courbe des rendements possibles, mais les résultats obtenus seraient à l’image des données utilisées,  sans plus. Il existe toutefois une autre approche, et c’est celle que nous emploierons dans ce bulletin Vision, qui consiste à examiner ce qui serait arrivé si les régimes de retraite CD avaient toujours existé. De plus, cette approche est probablement la plus facile à comprendre et présente  l’avantage d’être fondée sur des données réelles plutôt que sur des simulations.

Nous commencerons par raconter l’expérience vécue par deux  retraités, père et fils, qui ont tous deux fait carrière à la Société ABC, mais à des périodes différentes. Bernard père a pris sa retraite en 1975  après avoir participé au régime de retraite CD de la Société ABC pendant 30 ans. Il a été victime des conditions de l’époque, en raison des  répercussions persistantes du marché baissier de 1973-1974 et des effets de l’inflation. Par conséquent, la rente viagère indexée que Bernard a pu se procurer en 1975 à même le solde de son compte CD n’a remplacé qu’un maigre 15 % du salaire moyen de ses cinq dernières années de service.

De son côté, Bernard fils a pris sa retraite en 2001 et, si nous faisons abstraction de  l’inflation des salaires en général, il a eu les  mêmes salaires et les mêmes conditions de retraite que son père. Au moment de sa retraite, il a aussi souscrit une rente viagère pleinement indexée. Par contre, Bernard fils a bénéficié d’un environnement économique beaucoup plus favorable. En effet, il a pu se procurer une rente qui  a remplacé 55 % de son salaire moyen de fin de carrière, soit plus de trois fois et demie ce que son père a reçu!

RENSEIGNEMENTS SUR LE RÉGIME DE RETRAITE CD DE LA SOCIÉTÉ ABC

Le régime de retraite CD de la Société ABC a été instauré en 1938, soit six ans avant que Bernard père y ait adhéré. Le régime demandait des cotisations de 8 %, payées à parts égales par l’employeur et l’employé. L’objectif était de pouvoir souscrire, après 30 ans de participation, une rente pleinement indexée remplaçant 30 % du salaire moyen des cinq dernières années de service. Combiné à la rente du Québec ou du Canada (nous supposons qu’elles existaient à ce moment dans leur forme actuelle), cet objectif de 30 % procurait un revenu de retraite d’environ 50 % du salaire moyen de fin de carrière. Ce taux devait suffire à répondre aux besoins d’un employé à revenus moyens qui, avant sa retraite,  avait payé son hypothèque et élevé ses enfants pendant la plus grande partie de sa carrière (reportez-vous au bulletin Vision de janvier 2011 –  disponible en anglais seulement – pour plus de détails).

Le fonds du régime de la Société ABC maintenait une répartition d’actif constante – 60  % en actions canadiennes et américaines et 40 % en obligations à long terme – dont les rendements avant les frais correspondaient à ceux des indices de référence. Les frais de placement et d’administration s’élevaient à 100 points de base (1 % de l’actif du fonds) et étaient prélevés  chaque année sur le rendement total. On présumait que le montant accumulé dans chaque compte devait servir, une fois à la retraite, à souscrire une rente viagère pleinement indexée à l’inflation,  assortie d’une garantie de 10 ans, mais les participants avaient la possibilité de transférer ce montant dans un fonds de revenu viager. Nous  avons eu recours dans notre modèle aux taux de rente et aux prévisions d’inflation en vigueur l’année du départ à la retraite.

Bernard père a participé au régime de 1946 à 1975 alors que son fils y a participé de 1972 à 2001. Les deux ont pris leur retraite à 63 ans et les deux recevaient un salaire en fin de carrière qui était légèrement inférieur au double du salaire moyen national.

Bernard père et Bernard fils ont respectivement choisi la pire et la meilleure année du dernier demi‑siècle pour prendre leur retraite en comptant sur un régime CD, tel que l’illustre le graphique de la figure 1. Chaque barre représente le résultat d’une période d’accumulation de 30 ans et  indique la valeur de la rente que le retraité aurait pu souscrire à 63 ans avec le solde de son compte CD, en pourcentage du salaire moyen de fin  de carrière. Au total, 46 périodes de 30 ans se chevauchent dans ce graphique, la première commençant en 1938 et se terminant en 1967 et  ainsi de suite jusqu’à la dernière allant de 1983 à 2012. Les deux barres noires soulignent la situation particulière des années 1975 et 2001 qui  ont été respectivement importantes pour Bernard père et Bernard fils.

Figure 1 : LES MONTAGNES RUSSES DU RÉGIME CD

La ligne pointillée de la figure 1 représente la rente cible du régime de retraite de la Société ABC. Les écarts sont substantiels, allant d’une rente qui n’atteint que la moitié de la cible à une autre qui atteint presque le double de la cible, dans le meilleur des cas. Ces différences considérables ne proviennent pas uniquement des fluctuations des marchés financiers, mais également des effets de l’inflation des prix et des salaires. Lorsque le taux d’inflation est élevé, les régimes CD connaissent des rendements particulièrement faibles.

ATTÉNUATION DES ÉCARTS

En voyant ces résultats, nous constatons qu’il est tout à fait inacceptable que les rentes puissent s’écarter autant de la cible, et rendre par la suite la planification de la retraite aussi difficile.

Les employés peuvent avoir recours à de nombreuses mesures pour réduire l’écart de leur rente CD. Comme nous le montrerons ci-après, certaines sont plus efficaces que d’autres.

PREMIÈRE STRATÉGIE – REPORT DE LA RETRAITE

Comme première mesure, l’employé pourrait décider de travailler un peu plus longtemps avant de prendre sa retraite. Il aurait ainsi plus de  temps pour cotiser et regarnir son compte CD. Pendant ce temps, les marchés auraient pu regagner une partie du terrain perdu.

Malheureusement, cette stratégie ne fonctionne pas dans tous les cas. Certaines personnes prêtes à prendre leur retraite n’accepteront pas de  travailler plus longtemps, et d’autres n’auront simplement pas la capacité physique de le faire.

Et surtout, les marchés financiers ne coopèrent  pas toujours en ce sens, et l’employé risque de trouver une situation encore pire un peu plus tard. Par exemple, un employé qui avant 63 ans en  1972 aurait obtenu une rente de seulement 24 % de son salaire moyen de fin de carrière. S’il avait décidé de travailler deux ans de plus pour  augmenter sa rente, il n’aurait récolté que 22 % de son salaire moyen de fin de carrière en raison du marché baissier de 1973-1974.

Parallèlement, un employé qui désirait prendre sa retraite en 2009 aurait pu avoir la mauvaise surprise de constater que sa rente potentielle avait chuté de 44 % de son salaire moyen de fin de carrière en 2008 à seulement 32 % en 2009. Encore là, il aurait pu décider de travailler deux ans  de plus. Les marchés boursiers auraient effectivement eu le temps de se rétablir en force; par contre, la chute des taux d’intérêt aurait anéanti  l’incidence positive de cette remontée des marchés et sa rente aurait fondu pour n’atteindre que 28 % de son salaire moyen de fin de carrière.

Néanmoins, nous devons constater que l’idée de retarder le départ à la retraite aurait eu une incidence positive la majorité du temps, comme  cela aurait été le cas pour Bernard père. En effet, s’il avait travaillé deux ans de plus (jusqu’en 1977), il aurait obtenu une rente supérieure, équivalant à 18 % de son salaire moyen de fin de carrière plutôt qu’à 15 %.

DEUXIÈME STRATÉGIE – RÉDUCTION DES PRESTATIONS ACCESSOIRES

L’autre stratégie consiste à opter pour une rente viagère dont les prestations accessoires sont réduites. Prévoir une augmentation automatique annuelle en fonction de l’inflation (l’indexation) est une solution particulièrement coûteuse. Plutôt que de souscrire une rente pleinement indexée,  Bernard père aurait pu choisir une rente indexée à 50 % du taux d’inflation annuelle. Il aurait éventuellement amoindri son pouvoir d’achat; par  contre, son revenu de retraite initial aurait été beaucoup plus important. Cette décision, jumelée à un report de deux ans de sa retraite, lui aurait  permis d’obtenir une rente valant 24,4 % de son salaire moyen de fin de carrière, ce qui n’est pas très loin de l’objectif de 30 %. Si nous  supposons que tous les employés de longue date de la Société ABC retardent leur départ à la retraite de deux ans et choisissent une rente  indexée à 50 % toutes les années où la cible de 30 % n’est pas atteinte lorsqu’ils ont 63 ans, nous constatons que le problème est fortement  atténué, comme le montre la figure 2.

Le choix d’une indexation partielle n’est pas aussi inquiétant qu’il peut le sembler. La grande majorité des promoteurs de régimes PD du secteur privé n’offrent qu’une indexation partielle, que ce soit de façon automatique ou ponctuelle. Dans ces cas, l’objectif habituel est d’atteindre 50 % du taux de changement de l’indice des prix à la consommation. Une étude a montré que les gens consomment sensiblement moins dans les dernières années de leur vie à la retraite (voir les pages 87 à 89 du livre The Real Retirement) et, puisque la pension de Sécurité de la vieillesse (SV), le Supplément de revenu garanti (SRG) et les rentes du Québec et du Canada sont pleinement indexés, l’indexation partielle de la rente  parrainée par l’employeur suffit généralement à répondre aux besoins des retraités plus âgés.

TROISIÈME STRATÉGIE – ÉTABLIR UN OBJECTIF DE REVENU DE RETRAITE RAISONNABLE

Une autre façon d’éviter les déceptions à l’âge de la retraite consiste à définir un objectif de revenu prudent pour le régime CD. La Société ABC a établi comme objectif d’obtenir un revenu de retraite équivalant à 30 % du salaire moyen de fin de carrière, en fonction d’un taux de cotisation à 8 % par année pendant 30 ans. Cet objectif était peut‑être un peu trop ambitieux si on le compare à celui du RPC/RRQ, qui est de 25 % du  salaire moyen de carrière indexé, avec un taux de cotisation de 9,9 % par année pendant 47 ans. Les chances de réussite sont assurément plus  grandes si l’objectif fixé est plus raisonnable. Nous constaterons ainsi que la volatilité produira davantage de surprises du côté positif. Le  graphique de la figure 2, dans lequel l’objectif de la Société ABC a été réduit à 25 %, nous le montre très clairement. La partie claire des barres  nous indique dans quelle mesure la rente dépasse l’objectif de 25 % pour chaque période.

Figure 2 : L’AVANTAGE DE FIXER UN OBJECTIF RÉALISTE POUR UN RÉGIME CD

En trente ans, la rente CD n’a raté la cible de 25 %  qu’une seule fois (pour la période se terminant en 1975). De plus, pour la majorité des périodes, l’employé n’a même pas eu à travailler plus  longtemps ni à choisir une indexation partielle pour atteindre cette cible différente. Il y a fort à parier qu’une rente qui dépasse les attentes sera  perçue comme un cadeau du ciel, et non comme un problème de volatilité.

Bien qu’il puisse sembler un peu simpliste de ne modifier que la cible,  a mesure n’en donne pas moins d’excellents résultats, car elle satisfait les attentes des employés et évite de grosses déceptions au moment de la retraite. En outre, la Société ABC peut maintenant se vanter d’avoir réussi à atteindre l’objectif de rente ciblée dans le cadre de son régime CD.

Il existe deux autres façons d’atténuer les conséquences de la volatilité sur les régimes CD, mais notre histoire nous montre qu’elles ne seraient pas très efficaces.

QUATRIÈME STRATÉGIE – FONDS DE REVENU VIAGER VERSUS RENTE VIAGÈRE

Dans tous les calculs que nous avons présentés jusqu’à maintenant, nous avons supposé que les retraités souscrivaient une rente viagère. Cette hypothèse est peu fondée puisque dans les faits très peu de retraités choisissent d’utiliser le solde de leur compte CD à cette fin. Dans la grande majorité des cas, ils demandent le transfert du solde dans un fonds de revenu viager (FRV), qui est un compte à l’abri de l’impôt, duquel le retraité reçoit un revenu annuel.

La plupart des gens fuient les rentes viagères, surtout parce qu’elles leur font perdre le contrôle du capital qu’ils ont accumulé et, aussi, parce qu’un très grand nombre de Canadiens semblent incapables d’accorder la moindre confiance aux compagnies d’assurance, quand ils n’éprouvent pas une profonde antipathie à leur égard. Ce sentiment n’est peut-être pas mérité, mais il reste très difficile à combattre. L’autre objection visant les rentes viagères est le fait que leur valeur est fortement conditionnée par les taux d’intérêt en vigueur au moment du départ à la retraite. En effet, si les taux chutent au moment où un nouveau retraité est prêt à souscrire sa rente, il sera pénalisé pour le reste de sa vie.

Le FRV, quant à lui, est moins influencé par ces fluctuations annuelles. On pourrait également présumer qu’il produira un meilleur revenu moyen de retraite que la rente viagère puisqu’il est possible de continuer à investir l’actif dans les actions et qu’il n’y aura pas de frais à payer à une compagnie d’assurance.

Cependant, lorsqu’on examine les données passées, on constate que les avantages des FRV sont illusoires. Le graphique de la figure 3 compare les revenus qu’auraient produits les rentes viagères à ceux qu’auraient produits les FRV (si ceux-ci avaient toujours existé).

Figure 3 : LES RENTES VIAGÈRES ONT ÉTÉ SUPÉRIEURES AUX FRV

Si nous comparons les revenus de retraite de chaque année entre 1967 et 2000, nous constatons que les rentes viagères auraient produit des revenus sensiblement plus importants que les FRV pour toutes les périodes de 30 ans sauf cinq, et des revenus à peu près semblables pour les cinq autres périodes.

Ce résultat est étonnant, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, nous avons supposé que les FRV sont investis à 50 % en actions et à 50 % en obligations et qu’ils comportent des frais de gestion annuels de seulement 1 %. Cette structure est meilleure que celle dont bénéficient la plupart des détenteurs de FRV et elle devrait avoir produit des revenus supérieurs à ceux d’une rente viagère.

Ensuite, nous avons élaboré la simulation du FRV d’une manière qui aurait dû lui procurer un avantage sur la rente viagère. En effet, au point de départ à la retraite de toutes les périodes de 30 ans, nous avons utilisé les données réelles sur le rendement des marchés financiers et de l’inflation pour les 12 années suivant le départ à la retraite afin de calculer à rebours le montant qui pouvait être retiré annuellement du FRV sans danger, de sorte qu’il reste un solde suffisant à 75 ans pour souscrire une rente viagère. Malgré cet avantage rétrospectif, la rente viagère a tout de même eu un rendement supérieur.

En dernier lieu, nous avons présumé que le revenu du FRV ne serait pleinement indexé que jusqu’à 75 ans (pour simplifier les choses), puis partiellement indexé, alors que le revenu d’une rente viagère est pleinement indexé à vie. Malgré cela, la rente viagère a encore réussi à surpasser le FRV.

Cette supériorité des rentes viagères tient à la mise en commun des risques. Lorsqu’un rentier décède tôt, le solde de son actif (après versement des prestations garanties) retourne par définition dans l’actif collectif, ce qui permet en premier lieu aux assureurs d’offrir des rentes viagères plus substantielles.

Nous devons en conclure qu’un retraité n’a pas avantage à tirer son revenu d’un FRV, car ce dernier ne sera pas supérieur et il ne variera pas moins d’une année à l’autre, du moins pas de façon significative. Les rentes viagères se révèlent être une excellente option, sans compter qu’elles éliminent le risque d’épuiser le capital.

CINQUIÈME STRATÉGIE – INVESTIR PLUS PRUDEMMENT

Il semble évident qu’un régime CD produirait un revenu plus prévisible, mais aussi plus modeste en moyenne, si l’actif était réparti de façon plus prudente au cours des années précédant la retraite. En effet, une pondération plus élevée en placements à revenu fixe atténuerait les fluctuations de rendement ainsi que les variations de la rente qui pourrait être souscrite. Une fois de plus, cette hypothèse n’a pas résisté à l’examen des données passées, et le résultat a été surprenant.

Nous avons comparé deux scénarios. Dans le scénario de base, l’actif du compte CD est investi à 60 % en actions et à 40 % en obligations à long terme pendant toutes les années précédant la retraite, jusqu’au moment de souscrire la rente viagère. C’est également le scénario qui sous‑tend tous les graphiques précédents. Dans l’autre scénario, nous présumons que la pondération en actions est réduite par souci de prudence à 30 % pendant les cinq années précédant la retraite. Comme l’illustre la figure 4, cette répartition plus prudente de l’actif fait assez peu de différence. Historiquement, son incidence aurait nui au rendement aussi souvent qu’elle l’aurait favorisé et, au moment où l’actif du régime CD était particulièrement faible (au milieu des années 70), cette approche n’a été d’aucune aide.

Figure 4 : LA PRUDENCE DES PLACEMENTS N’A PAS ÉTÉ UN FACTEUR CONCLUANT

CONCLUSIONS

Les revenus qu’aurait pu produire un régime CD au fil des années ont été plus volatils que souhaité, mais le résultat final est acceptable lorsque la cible de revenu de retraite est fixée à un niveau prudent. De cette façon, les surprises potentielles se trouveront au-dessus de la cible. Nous avons constaté que les méthodes les plus employées pour réduire la volatilité des rentes de régimes CD, à l’exception de la réduction des prestations accessoires, se seraient révélées étonnamment inefficaces au fil des années.

Malgré les quelques mouvements de balancier excessifs qu’ont connus les marchés depuis 2000 et la chute prononcée des taux d’intérêt qui ont rendu les rentes viagères plus coûteuses, les régimes CD se sont révélés plus résistants et viables que l’avaient prédit plusieurs de leurs détracteurs. Peu importe que le rendement futur des investissements soit exceptionnellement bon ou exceptionnellement mauvais, nous ne prévoyons pas de retour marqué vers les régimes PD. La question qui se posera sera plutôt de savoir si les régimes à prestation cible ou les régimes à risques partagés, qu’un nombre croissant de provinces et territoires envisagent d’adopter, offriront des avantages si marqués que les promoteurs de régimes CD décident de les adopter. Cette question sera le sujet du prochain bulletin Vision.

Toutes mes excuses à Michel-Ange.

Annexe
Hypothèses utilisées dans les projections de rente

Certains lecteurs se souviendront que nous avions établi de semblables projections dans le numéro de Vision d’avril 2008. Depuis, nous avons rajusté la méthodologie selon les critères suivants.

  • Nous exprimons maintenant la rente en pourcentage du salaire moyen des cinq dernières années plutôt que de la dernière année seulement. Le salaire moyen des cinq dernières années constitue une donnée plus stable et représentative du mode de vie que les gens espèrent maintenir à la retraite.
  • Nous avons défini plus précisément l’évolution du salaire individuel au cours des 10 dernières années précédant la retraite, pour tenir compte de l’augmentation plus modeste du salaire avec l’âge, comme c’est généralement le cas.
  • Nous avons modifié la répartition de l’actif à 60 % en actions et 40 % en obligations au lieu de 50/50. Le numéro de 2008 de Vision montrait qu’une plus grande exposition aux actions se révélait presque toujours favorable sur des périodes de 30 ans, ce qui sera probablement encore le cas dans les années à venir étant donné les rendements historiquement faibles des obligations à l’heure actuelle.
  • Nous supposons maintenant que l’âge de la retraite est de 63 ans plutôt que de 61 ans puisque le report de la retraite devient peu à peu la norme.
  • Nous avons supposé qu’au moment de la retraite, les sommes accumulées dans le compte serviraient à souscrire une rente viagère pleinement indexée, à moins d’indication contraire. Auparavant, nous tenions compte d’une indexation partielle.

Voici quelques hypothèses importantes qui n’ont pas changé.

  • Les frais de gestion annuels des placements sont de 1 % (100 points de base). Ce taux est élevé pour les régimes de grande envergure, mais faible pour les plus petits.
  • Les rentes viagères sont assorties d’une garantie de 10 ans. Les bénéficiaires récupèrent ainsi la majeure partie du coût de la rente en cas de décès prématuré.

Pour lire l’article complet, veuillez télécharger la version PDF : Vision - 29 avril 2013