Répercussions de la santé mentale en milieu de travail sur les affaires

Une récente enquête menée à l’échelle nationale par Morneau Shepell révèle qu’un travailleur canadien sur trois affirme souffrir ou avoir souffert d’un problème de santé mentale comme la dépression ou un trouble d’anxiété. En plus des 33 pour cent1 des employés qui signalent un problème de santé mentale, l’enquête a montré que 27 pour cent des employés interrogés déclarent éprouver d’importants symptômes de stress. Cette enquête et d’autres études récentes indiquent que le ratio d’un employé sur cinq souvent cité comme la prévalence à vie pour un trouble de santé mentale chez les Canadiens pourrait être largement sous‑estime!

graphe de santé mentale au travail

Le stress excessif est mauvais pour les affaires

Selon l’enquête, le stress chez les employés a d’importantes répercussions sur les affaires. La majorité (58 pour cent) des employés ont affirmé que le stress au travail nuit à leur productivité, alors que près de la moitié (45 pour cent) ont révélé avoir songé à quitter leur emploi en raison du stress au travail et de ses répercussions sur eux. De plus, près du tiers (31 pour cent) des employés ont pris des jours de congé en raison du stress au travail, et un quart (25 pour cent) des employés ont déclaré avoir été malades au cours des six derniers mois en raison du stress au travail.

Un milieu de travail psychologiquement sain est bon pour les affaires

Globalement, l'enquête a également établi qu’il existe un lien étroit entre un milieu de travail psychologiquement sain et l’atteinte des objectifs d’affaires. Une écrasante majorité des employés participants croient qu’un milieu de travail psychologiquement sain est un milieu de travail productif. En effet, 90 pour cent d’entre eux affirment que la gestion de la santé mentale des employés est importante pour leur productivité. L’enquête montre que presque tous les employés (87 pour cent) croient qu’un milieu de travail psychologiquement sain a des répercussions sur la capacité de répondre aux besoins de l’entreprise, 86 pour cent croient qu’il a une influence sur la loyauté et 83 pour cent croient qu’il a une influence sur le recrutement et la fidélisation. En outre, une grande majorité (soit 83 pour cent) ne voit pas nécessairement le stress comme quelque chose de globalement négatif et précise que le stress lié au travail peut être positif ou négatif selon la façon dont l’employeur soutient les employés et répond à leurs besoins.

Selon l’enquête, le milieu de travail exerce une influence sur la perception positive ou négative du stress. De plus, les employeurs ayant été évalués favorablement sur la santé et la sécurité psychologiques au travail ont également été mieux évalués sur plusieurs mesures d’efficacité au travail :

  • un taux d’absentéisme moins élevé;
  • un taux de présentéisme moins élevé2;
  • un engagement plus élevé des employés; et
  • un stress personnel moins élevé chez les employés.

L’enquête a toutefois révélé que la perception des employeurs diffère de celle des employés en ce qui a trait à la gestion de la santé mentale en milieu de travail. Les employeurs croient en général qu’ils gèrent mieux la santé psychologique au travail que ne le croient leurs employés.

La stigmatisation représente un gros obstacle

La stigmatisation demeure de toute évidence une source de préoccupation en vue d’améliorer la santé mentale en milieu de travail. L’enquête montre que, dans plusieurs cas, les employés sont en fait plus durs envers les personnes aux prises avec une maladie mentale que leurs employeurs, et que certaines attitudes très négatives à l’égard de la maladie mentale perdurent. En effet, un employé sur cinq (soit 19 pour cent) croit qu’une personne atteinte de maladie mentale exerce un plein contrôle sur sa maladie.

graphique milieu de travail de la stigmatisation

Il est reconnu que l’autostigmatisation et les perceptions de la stigmatisation par des fournisseurs de soins empêchent une personne d’obtenir un soutien. La stigmatisation au travail influe d’abord sur la décision de l’employé de s’absenter ou non, puis sur la rapidité et la réussite de son retour au travail à la suite d’une absence causée par la maladie mentale.

Cela dit, il est évident que la stigmatisation entraîne un coût financier pour les employeurs. Par contre, d’autres conclusions confirment clairement que les employeurs ont l’occasion d’influencer le taux d’absentéisme, de productivité et d’engagement en favorisant un milieu de travail psychologiquement sain.


Les premiers résultats de l’enquête ont été présentés à l’occasion des événements Réseau employeur de Morneau Shepell portant sur la santé mentale au travail. Communiquez avec nous à l’adresse électronique recherche@morneaushepell.com pour en avoir une copie. En mai 2015, un rapport sur les résultats de l’enquête complète, notamment sur les perspectives des employeurs et des médecins, fera l’objet d’un cahier spécial dans les revues Benefits Canada et Avantages.


1  La marge d’erreur de l’enquête était de plus ou moins 3,09 %.

2  Le présentéisme consiste à se présenter au travail, même malade, blessé, en détresse ou incapable de se concentrer en raison d’un problème personnel, ce qui engendre une perte de productivité et une possible menace à la santé et à la sécurité des collègues de travail.


Rapport 2015 sur les priorités en matière de santé mentale au travail - Découvrez ce que les employeurs, les employés et les médecins pensent de la santé mentale au travail.